N°154 – Décembre 2022-Janvier 2023 – Le Sans-Culotte 85

Enfants « protégés »… comme on peut

Partout, et la Vendée ne fait pas exception, protection de l’enfance rime avec souffrance. En juin 2020, nous avions relevé les grandes difficultés auxquelles sont confrontés les assistants familiaux, aussi appelés familles d’accueil (n°129). Il y a un an (n°142), nous nous étions penchés sur les couacs de l’association Tremplin, qui prend en charge des mineurs non accompagnés : énorme turn-over, manque de personnel formé, souffrance des salariés, etc. Les mêmes constats peuvent s’appliquer à une autre structure associative, Barayole, qui intervient auprès d’un public différent : des jeunes en grandes difficultés sociales et/ou psychiques. Elle porte un projet intéressant : offrir à ces gamins en rupture une prise en charge différente des foyers classiques par une approche individualisée. Mais derrière ce concept original, la mise en pratique est plus difficile. Plusieurs témoignages font état de manque d’écoute et de considération de la direction, de départs en pagaille ou du recrutement de personnes sans expérience ni véritable formation dans le secteur… La direction, elle, maintient mordicus son cap.

De l’Île d’Yeu au continent, l’enseignant soupçonné de pédophilie passe entre les mailles du filet !

Comment un tout jeune enseignant du privé, mis à pied suite à des problèmes de comportements dans sa classe, et qui traîne une casserole plus grave encore sur l’Ile d’Yeu (une plainte pour attouchement sur mineure), a-t-il pu être réaffecté quelques mois plus tard à l’école de Saint-André-d’Ornay, à La Roche ? C’est ce que nous avons tenté de comprendre. Résultat, il n’a pas terminé l’année scolaire, mais fini les menottes aux poignets ! Et l’ensemble des gamins ainsi que leurs parents ont dû être auditionnés cet été afin de vérifier qu’il ne s’était rien passé. Fin octobre, la direction académique radiait officiellement le prof de l’Education Nationale… ouf !

Agriculteurs « twittos » : influenceurs en tracteur

Enquête 2.0 auprès de plusieurs agriculteurs vendéens et ligériens très connectés sur les réseaux sociaux, notamment Twitter. Premier point commun entre eux : ils utilisent le même hashtag, #FrAgTw (pour FranceAgriTwittos), devenu une association « qui œuvre pour la communication positive dans le monde de l’agriculture ». But affiché : présenter le métier et l’agriculture sous un beau jour. Dans les faits, ils militent aussi activement, par exemple, pour continuer d’utiliser les intrants et autres produits chimiques, pour les «  bassines  », les nouveaux OGM, etc. En effet, derrière des vidéos en apparence anodines prises sur le tracteur ou dans les champs et visant à faire connaître la réalité de l’activité d’éleveur ou de céréalier, apparaît aussi une opération de « lobbying » de représentants de l’agriculture intensive, ou conventionnelle. Quand certains se la jouent carrément « influenceurs » agricoles, en se faisant rémunérer pour leurs contenus.

Idriss Aberkane, hyper adulé dans le nord-Vendée

Conférencier, essayiste, Idriss Aberkane s’est spécialisé dans le développement personnel et les neurosciences ; il a publié des essais à succès comme « Libérez votre cerveau ! », vendu à plus de 200.000 exemplaires. Il est aussi très connu pour ses vidéos et conférences sur YouTube et, au moment du Covid, pour des prises de position en faveur de Didier Raoult ; il parle aussi biologie, cryptomonnaies et intelligence artificielle… Se définissant lui-même comme un « hyper-doctor », il revendique l’obtention de trois thèses de doctorat dans trois disciplines différentes (dont la « noopolitique », un terme qu’il aurait lui-même inventé…). Un parcours impressionnant, un peu trop même de l’avis de certains de ses pairs qui remettent en cause depuis plusieurs années la rigueur de ses travaux ; sans compter que l’une de ses thèses est scrutée par deux établissements d’enseignement supérieur pour des soupçons de plagiat (1)… Qu’à cela ne tienne, il est la coqueluche du Cera (Centre d’échanges et de réflexion pour l’avenir), un club de réflexion vendéen qui regroupe notamment des acteurs économiques mais aussi des particuliers, et organise des rencontres et conférences « pour s’ouvrir aux problématiques du monde d’aujourd’hui et de demain ». Pour fêter ses 20 ans, l’organisme présidé par le chef d’entreprise Jean-Michel Mousset a invité le très médiatique conférencier, aux faux airs d’Elon Musk, pour la troisième fois. On y était.

Les étudiants, ces nantis sans vergogne

« Étudiant, poil aux dents », chantait Renaud en 1982. Et ceux de 2022, « comment qu’ils vont ? » Ça va, pas trop dure la vie, à jongler entre les cours (parfois), le sport à pas cher, les soirées du jeudi, et les allers-retours le week-end chez papa-maman pour faire le plein du frigo ? Eh bien malgré ça, nombre d’entre elles et d’ entre eux trouvent le moyen d’avoir besoin de l’épicerie solidaire de l’université pour pouvoir économiser sur les courses de bouffe, comme on a pu le constater un jeudi de novembre, au pôle universitaire de La Roche-sur-Yon. La distribution alimentaire a même attiré 250 étudiantes et étudiants venu.es récupérer des œufs, des légumes, de la viande, des pâtes, etc. « Précarité étudiante », paraît-il. Vous ne voulez pas une bouteille de tequila gratuite pour vos apéros entre amis, non plus ?! Reportage (en toute bonne foi, donc !) au milieu de cette bande de jeunes privilégiés.

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